S'auto-former à l'écologie : un acte militant face au vide des programmes
La réponse dépend en grande partie de son accessibilité. La recherche actuelle rassemble de nombreuses preuves face aux crises socio-écologiques mais peine à être diffusée et utilisée par la société civile.
L’histoire montre l’impact d’une diffusion large des savoirs. Le rapport Meadows (1972) a introduit les “limites planétaires” dans le débat public et fut massivement relayé. Dix ans plus tôt, Silent Spring de Rachel Carson avait exposé les effets des pesticides sur les écosystèmes, fournissant une base scientifique aux premières régulations environnementales. Plus récemment encore, par exemple, des analyses du Lancet Countdown liaient climat et santé, pour devenir des outils des ONG et des politiques.
Pourtant, une grande partie de la production scientifique reste difficile d’accès : articles payants, langage technique, formats pensés pour les pairs plutôt que pour le public. Cette opacité limite son usage par les associations, les collectifs citoyens ou les élus locaux, réduisant alors l’impact que pourrait avoir la recherche dans les luttes socio-écologiques. L’ouverture de la recherche est pourtant aussi une question de confiance. Plusieurs scandales ont montré ce qui peut se produire quand les études ne sont pas accessibles ou suffisamment transparentes. L’industrie du tabac a longtemps financé des travaux minimisant le lien entre cigarettes et cancer. Plus tard, certaines entreprises agrochimiques ont soutenu des études cherchant à présenter les néonicotinoïdes comme inoffensifs pour les pollinisateurs, malgré des preuves contraires.
Ces exemples illustrent l’importance de la recherche publique, neutre et authentique, à défaut d’être fermée ou réduite à des outils nocifs de grands lobbys industriels. Dans ce contexte, un projet comme l’Observatoire des Savoirs Engagés et Reliés (OSER) propose des formats qui facilitent la mise en circulation des connaissances, à travers des rencontres et ateliers sur divers sujets, présents partout en France courant 2026. Leur objectif étant de connecter et rassembler les chercheur·euses et associations.
Maintenir une recherche publique, indépendante et ouverte n’est donc pas seulement une valeur démocratique : c’est une condition opérationnelle pour que les mobilisations écologiques puissent s’appuyer sur des données robustes. Une science partagée renforce la qualité des débats, aide à repérer les informations biaisées et donne aux acteur·ices de terrain les moyens d’analyser les impacts et de formuler des propositions crédibles. Dans le contexte actuel de crises sociales et environnementales, la circulation des savoirs devient un levier majeur. Une recherche ouverte devient un outil puissant et concret pour éclairer l’action écologique.

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