Ritimo, un réseau pour documenter les luttes des mouvements sociaux à l'international

Interview de Virginie Duval, chargée des démarches éducatives de solidarité internationale du réseau ritimo.
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Ritimo, qu'est-ce que c'est? Quelle fonction y occupes-tu ?

Le réseau ritimo est un réseau de 75 associations (membres ou relais) de solidarité internationale, créé dans les années 1980, au moment de la naissance du mouvement altermondialiste. À l’origine, il s’agissait surtout de documenter et d’informer sur les mouvements sociaux à l’international, les associations du réseau étaient essentiellement des centres de documentation. Depuis, les outils et les activités se sont diversifiés. Ritimo a développé un site internet qui publie chaque jour des articles d’analyse sur les luttes en cours et créé une base de données en ligne avec des centaines d’outils. Le réseau a aussi développé une action de formations, autour de l’ « Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale » (1) (ECSI) pour s’approprier, décrypter l’information qu’on reçoit, ce qui se passe dans le monde. Enfin, la dernière évolution du travail de ritimo, c’est autour du numérique libre, essentiel pour l’accès à l’information des mouvements sociaux, pour penser la surveillance, la censure...
Pour réaliser son travail de documentation des mouvements sociaux, ritimo a recours à la presse « libre », alternative, et est d’ailleurs membre de la Coordination Permanente des Médias Libres.

Enfin, une dernière dimension du travail de documentation de ritimo, c’est la publication de deux collections ; d’un côté, la collection « Passerelle », qui traite de thèmes de société avec une approche scientifique, de recherche (féminisme, low tech, multinationales...) ; et de l’autre, la collection « Guides Pratiques », qui s’adressent à tous·tes, dès le lycée, et qui a pour objectif de déconstruire de manière simple les représentations communes sur des sujets d’actualité (migrations, aide humanitaire, médias...).

Quelle fonction y occupes-tu ?

Je suis chargée des « démarches éducatives de solidarité internationale ». Je m’occupe de faire de la veille et de l’analyse pédagogique, c’est à dire suivre ce qu’il se passe dans les mouvements d’ECSI, repérer les articles qui sont intéressants sur ce sujet là. Une autre de mes missions est d’animer la commission DESI (2) , et donc, entre autres, de gérer la publication de la lettre de l’ECSI, quatre fois par an. Dans le cadre de cette commission, je m’occupe également des formations, de repérer quels sont les enjeux sociaux dont il faut se saisir et sur lesquels les animateur·rices doivent être formé·es.
Enfin, je m’occupe aussi de la création d’outils pédagogiques. Par exemple, la commission DESI a créé « le fil de l’info » (3), un jeu ayant une approche systémique qui interroge la façon dont est produite l’information (Qui possède les médias? Qui les diffusent ? Quels sont les liens entre journalisme et politique ? Comment Facebook ou Youtube influencent le droit à l’information ?). On fait en sorte que nos outils soient en creative commons (4) , toujours dans la logique d’information, de partage.

ISF est membres de la commission DESI , peux-tu expliquer le rôle et le travail de cette commission ?

Ritimo propose à ses membres de s’impliquer dans des commissions comme celle-là. C’est une commission composée d’une vingtaine de membres élu·es, ouverte à tous·tes mais dans laquelle on retrouve essentiellement des salarié·es des différentes associations membres. La commission a tout d’abord une mission de test d’outils pédagogiques, soit pour qu’ils soient labellisés ritimo, soit pour connaître les dernières productions, comprendre leurs objectifs, mécanismes de jeux, intérêt pédagogique... et que les membres puissent s’en emparer éventuellement dans leurs animations et formations. Il y a ensuite tout un travail de veille sur les enjeux de société pour lesquels on doit être outillé·es afin d’être capables d'animer des ateliers sur ces sujets. Cette veille nous permet d’identifier les formations qui seront proposées.
Pour résumer, la commission DESI s'occupe des formations, des tests d'outils, parfois, elle crée des outils elle-même, et pour finir elle s'occupe de la lettre de l'ECSI. Il s’agit d’une lettre d'information qui s'adresse à toutes les personnes qui vont animer, qu'elles soient bénévoles ou salarié·es, et dans laquelle on traite un sujet choisi collectivement. Les thèmes traités sont très variés. La dernière parution portait sur l'engagement des jeunes en période de confinement. ISF avait notamment témoigné sur le cas des jeunes de son réseau. La fois d’avant, il s’agissait de se questionner sur l’approche décoloniale et ce que ça peut apporter dans nos pratiques éducatives. La prochaine traitera de l’environnement, mais sous quel angle, on vous laisse le suspense !

Notes de bas de page :
1. https://www.ritimo.org/L-Education-a-la-Citoyennete-et-a-la-Solidarite-Internationale-ECSI-7678
2. Démarche Éducatives et de Solidarité Internationale de ritimo
3. https://www.ritimo.org/Le-Fil-de-l-info
4. Outil juridique qui garantit à la fois la protection des droits de l'auteur·e d'une œuvre artistique et la libre circulation du contenu culturel de cette œuvre, ceci afin de permettre aux auteur·es de contribuer à un patrimoine d'œuvres accessibles librement par tous·tes. Plus d’infos: http://creativecommons.fr/

 

6 janvier 2021
Chloé Giacinti, stagiaire à ISF
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