Robin Sigwald, administrateur de la fédération ISF
Mission d'ISF Limoges au Burkina Faso
Les membres qui partent en mission rencontrent immanquablement une
situation imprévisible à un moment donné. Le plus souvent, elle
est due aux multiples différences culturelles qui compliquent nos
échanges avec les populations du Sud. La compréhension de ces
différences dans le cadre de la mission, l’enseignement que les
membres peuvent en tirer, et la valorisation de ces expériences de
terrain sont aujourd’hui au cœur des projets réalisés par ISF.
Des membres de groupe nous ont raconté leur expérience.
Un exemple
criant de la foule d’incompréhensions qui entache nos relations
avec le Sud est la vision que les gens de là-bas ont des « Blancs
». Adeline Bartoletti, partie en mission au Bénin avec ISF
Compiègne, a observé que beaucoup sont restés sur l’idée que «
le Yovo sait, car il est un Yovo » (signifiant Blanc en langue fon).
Des raisonnements de ce type minent totalement la réciprocité de
l’échange. « Battre ces préjugés en brèche et essayer d’avoir
des relations sociales était de ce fait très difficile » rapporte
Tanguy Martin d’ISF Montpellier, ayant connu des circonstances
similaires lors de sa mission au Bénin et au Togo. Pour ces raisons,
les bénévoles peuvent être confrontés à de la rétention
d’information, comme l’a été Adeline, ou même à une attitude
défensive et réservée, comme celle qu’a rencontrée Sarah Rokia
au Mali : « Lors de l’entretien que nous avons eu avec une jeune
femme, nous avons fi ni par nous rendre compte qu’elle se sentait
comme contrôlée ou évaluée. Par conséquent, elle répondait
“oui” à tout ce que nous demandions ! ».
Les membres ayant vécu
de telles situations n’en sont ressortis que plus éclairés et
pertinents dans leur réflexion. « La connaissance engrangée lors
d’une mission est inestimable », remarque Tanguy. Mais le départ
en mission ne représente pas à lui seul la totalité de l’apport
humain. Comme le souligne Jérôme Bevert, parti avec Sarah en
mission pour ISF Nancy : « Je me suis aperçu de la quantité et de
la diversité de connaissances que j’avais emmagasinées au fil de
l’année, grâce aux weekends de formation. Les réunions
préalables d’évaluation, organisées avec des experts de la
fédération, m’ont beaucoup aidé à prendre du recul vis-à-vis
du partenariat et de la mission en elle-même. »
L’enrichissement
personnel se poursuit bien après la mission, par le récit et la
confrontation avec les expériences des autres. Un regard extérieur
sur une situation vécue peut en changer toute l’interprétation !
Le weekend « retour » joue en cela un rôle
essentiel. D’autres espaces d’échange restent à développer et
à systématiser.